Conseil Municipal 13 décembre 2021. Budget 2021. Intervention (prévue) de Bruno Nottin

(Cette intervention n’a pas pu être lue par Bruno Nottin, le Maire Benoît Digeon ayant décidé arbitrairement d’expulser les conseillers du groupe « Montargis pour tou-te-s » du Conseil Municipal)

Votre budget 2022 est dans la droite ligne de vos budgets précédents : un budget pour l’image extérieure de notre ville, un budget pour les touristes, un budget de carte postale, de travaux aussi pharaoniques qu’inutiles. Un budget coupé des réalités, coupé des urgences du quotidien  et des réponses prioritaires à apporter à la crise sanitaire, économique et sociale qui frappe si durement et qui risque de continuer à frapper avec la 5ème vague. Un budget parfaitement décalé, qui continue à gaspiller l’argent public avec des dépenses de luxe et son refus de répondre aux besoins des Montargois. Notre formule du dernier conseil municipal caractérise parfaitement votre politique de faux prestige :   à  Montargis on achète une péniche et on vend une école  !! Et un budget en trompe l’œil, un budget d’illusion.

Concernant la section d’Investissement. Vous osez annoncer une hausse de  51 % de cette dernière à plus de 10 millions d’euros alors que vous y intégrez les presque 4 millions pour le port de plaisance, dépense qui non seulement n’est pas prioritaire mais qui en plus est une opération sous mandat de l’agglomération à laquelle notre ville n’apporte pas de financement direct ! Augmenter les dépenses d’investissement c’est bien, mais les augmenter de façon utile pour répondre aux besoins de tous les Montargois, ce serait largement mieux. Or, nous en sommes loin. Alors qu’il faudrait adapter et moderniser notre ville pour répondre aux enjeux nouveaux de la crise sanitaire, sociale et écologique, vous continuez comme si de rien n’était. Vous êtes comme en apesanteur, très loin de la réalité. Car on peut difficilement penser que dépenser des millions d’euros dans des passerelles, des péniches, des ports de luxe ou des pavés réponde à l’urgence actuelle.  

Concernant les dépenses d’investissement véritablement nouvelles, elles sont même carrément en baisse ! En effet, si on déduit les dépenses pour les études des travaux place de la République et boulevard des Belles Manières, ainsi que  celles pour la passerelle de la Pêcherie, qui ne sont pas des dépenses utiles à proprement parler, elles ne s’élèvent qu’à 1 844 000 contre 2 065 000  l’an dernier, soit une baisse de  plus de 10 %. Ces dépenses réellement utiles ne représentent que 18 % du total des dépenses d’investissement alors qu’il y aurait tant de choses utiles à faire…. De nombreuses dépenses sont loin d’être utiles et sont trop souvent disproportionnées : le plus bel exemple, ce sont les 850 000 € qui vont être dépensés pour la  passerelle qui va trouer la rue Dorée et éventrer la Pêcherie. Cette lubie de M. Digeon va nous coûter très cher, avec un coût qui explose de plus de 21 % par rapport aux estimations de 2021. Un vrai gouffre !! La voilà maintenant estimée à 1 300 000  soit l’équivalent de quatre ans et demi de recettes de votre scandaleuse et antidémocratique taxe sur l’électricité !! Pareil pour les travaux du boulevard des belles manières et de la place de la république : estimés au départ à 1 100 000 euros pour 2021, ils ont été en réalité de 1 374 000, soit 274 000  de plus que prévu. En un an, les dépenses prévues de 2019 à 2023 sur ce chantier sont passées de 4 829 000 à 5 129 600, soit une hausse de plus de 300 000 euros ! Là aussi il s’agit d’un véritable puits sans fond pour un chantier dont le côté prioritaire est loin de sauter aux yeux….Autre exemple évident de votre obsession pour les projets de luxe non appropriés et pas réfléchis qui coûtent très cher :  la halle Girodet, qui a coûté près de 800 000 euros et dont les recettes de fonctionnement s’élèvent dans le budget à…zéro euro !!! Fermée depuis un an et demi, il semble évident qu’elle est inadaptée aux besoins. Encore un mauvais choix d’investissement qui plombe les finances de la ville et des autres collectivités qui ont financé ce projet baroque.   

Ainsi, si on enlève les travaux du port Saint- Roch qui sont sous mandat de l’agglomération,  1/3 de vos dépenses d’investissements va être consacré aux seuls travaux des Belles manières / place de la République et de la Pêcherie ! 

Et il y aussi des dépenses qui devraient être prioritaires mais sont reportées suite à des arbitrages contestables.

Il y a tout d’abord les travaux de sécurisation des ponts rue Laforge prévus au départ à hauteur de 690 000 euros sur 2019 et 2020, mais dont une grande  partie ne sera réalisée qu’en 2022 car il fallait débloquer en urgence de l’argent pour acheter votre nouvelle lubie, à savoir votre péniche  !  Résultat ? Seulement 100 000 euros de dépenses en 2022.  Visiblement, la péniche passe avant la sécurisation des ponts…

Le même triste sort a été réservé aux dépenses concernant le développement et la modernisation de l’équipement numérique dans les écoles  qui vont se limiter à 90 000 euros : en effet, les 185 000 euros prévus ne seront pas dépensés en 2021 au motif selon vous d’une subvention du rectorat plus faible que prévue. Développer et moderniser l’informatique et le numérique dans les écoles montargoises nous semble pourtant bien plus utile que l’achat d’une péniche…

Le déséquilibre entre les quartiers de la ville est choquant : aucune dépense d’investissement ni à la Chaussée, ni aux Cités ni à Chautemps. Les ¾ des Montargois n’auront une fois de plus droit à rien. De nombreux travaux d’aménagement indispensables à l’amélioration de la vie quotidienne dans les quartiers de notre ville sont encore renvoyés aux calendes grecques.  Alors que la majorité des foyers montargois à revenus modestes et moyens demandent toujours que leurs quartiers soient traités comme le Centre-ville, le budget consacre à peine … 100 000 € ( !) aux travaux de grosses réparations d’une voirie de plus en plus dégradée, avec une baisse de la moitié sur un budget qui était déjà ridiculement bas ! 

Concernant les recettes d’investissement, nous observons que les recettes des amendes de police explosent d’année en année : 300 000 euros prévus en 2022, contre 250 000 euros l’an dernier et 200 000 en 2020,  soit une augmentation de 50 % en deux ans. On voit là les résultats de votre politique conjointe avec STREETEO de contrôles et de verbalisations tous azimuts avec ces amendes qui tombent au moindre dépassement du ticket. Un peu de pédagogie ne ferait pas de mal plutôt que de chercher à « canarder » l’usager. Mais pour vous, l’essentiel c’est que les amendes vous rapportent…

Le budget affiche une petite hausse de la section de fonctionnement, mais cette augmentation est en trompe l’œil : en effet, la moitié des 634 000 euros de l’augmentation des recettes de fonctionnement qui permettent l’augmentation des dépenses provient de votre scandaleuse nouvelle taxe sur l’électricité, ce véritable racket qui met tant de Montargois en colère ! Augmentation en trompe l’œil également car vous avez décidé de verser davantage concernant la subvention annuelle totale du CCAS dès le budget primitif. Sans ces deux artifices, la section de fonctionnement stagne avec une augmentation de 0,6 %

 Des dépenses de fonctionnement essentielles au quotidien des Montargois subissent une véritable saignée : en ce qui concerne les grands chapitres, – 7, 42 % pour la sécurité, – 1,06 % pour la culture, – 3,61 % pour le sport et la jeunesse, – 3,33 pour l’action économique. 

Quant à la hausse de 174 00 euros de la subvention au CCAS, c’est une augmentation là aussi en trompe l’œil car encore faut-il rappeler que ces 570 000 euros ne feront même pas fonctionner le CCAS plus de 6 mois 

Les piscines continuent à coûter bien plus cher à la ville que lorsqu’elles étaient en gestion publique : encore plus d’un million dans le budget   de fonctionnement, à 1 014 000 euros. Si on déduit les recettes (59 200 euros),  le « coût » pour la ville en 2022 des piscines sera de  954 800 euros (exactement le même chiffre qu’en 2021) ! Un vrai gouffre !  Le passage en gestion privé va « coûter » en 2022  à la ville 250 000  euros de plus par rapport à la dernière année en gestion publique !  

Les dépenses somptuaires ont évidemment un effet négatif sur notre situation financière. On constate que le rapport entre la dette et la capacité d’autofinancement s’est singulièrement dégradé, la durée nécessaire pour le remboursement passant de 6,93 ans en 2017 à 9,74  en 2020. L’encours de la dette est de 1 283,99 euros / habitant contre 850 au niveau national, à près de 20 millions d’euros. Les Montargois, notamment les plus fragiles, subissent, dans leur vie quotidienne, les conséquences de cette cure d’austérité. On voit ainsi que le fardeau de l’endettement continue de peser lourdement sur les finances communales : encore 2 206 824 €  à rembourser cette année en capital et intérêts. Le budget de notre ville est donc toujours sous forte contrainte. 

Il faut redéfinir les priorités d’investissements pour affecter nos moyens financiers à la réponse aux besoins les plus urgents de notre population. Il faut reprogrammer les investissements en faveur de nos écoles et de nos services publics avec notamment la création d’un centre de santé public municipal,  rénover enfin la voirie, construire  une maison des associations, des nouvelles salles municipales dans les quartiers, notamment à Chautemps depuis la fermeture de la salle Mandela  un vrai service jeunesse, des conseils de quartier, un centre de loisirs pour les enfants, une régie publique municipale agricole pour produire nous-mêmes nos fruits et légumes bio en circuit court, investir pour la rénovation des logements et notamment le logement social… 

En matière de dépenses de fonctionnement, il faut redéployer les aides publiques vers les personnes les plus fragiles et les plus impactées par l’épidémie. Il faut augmenter de façon conséquente l’aide alimentaire de la ville et le budget du CCAS. Nous demandons que la recette de 300 000 euros de la taxe électricité serve à financer notamment les 250 000 euros que nous proposons de débloquer pour le fonds de soutien aux Montargois. Il faut augmenter la dotation de fonctionnement des écoles, embaucher des éducateurs pour recréer du lien dans les quartiers, du personnel qualifié pour  créer un service municipal d’aide aux devoirs en ces temps de décrochage scolaire, des assistantes sociales et des travailleurs sociaux, des assistants d’éducation dans les écoles, redonner des moyens au centre technique municipal…

Il faut baisser fortement les tarifs des cantines scolaires, des centres de loisirs et des crèches. 

Notre ville est à la croisée des chemins et doit savoir attirer des familles et des jeunes et être très attentive à répondre aux besoins sociaux. Montargis doit devenir une ville moderne avec des services publics de qualité, des écoles qui ont les moyens de fonctionner, un accès aux soins avec un centre de santé public municipal, une vie culturelle municipale d’un autre niveau, une vraie vie démocratique avec des conseils de quartiers…Il faut donc de nouvelles priorités à Montargis si on veut répondre enfin aux besoins des Montargois et développer notre ville.  Malheureusement votre budget en est très loin.

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