Conseil d’agglomération 1er février 2022. Budget 2022. Intervention de Bruno Nottin

Le budget proposé cette année est un budget en trompe l’œil avec des augmentations trompeuses, en fonctionnement et en investissement, augmentations qui résultent de choix contestables qui tournent le dos aux réponses aux vrais besoins de notre population. C’est un budget du monde d’avant, qui continue à privilégier les petits équilibres politiques locaux au détriment de vraies réponses globales de progrès et écologistes, à l’échelle de l’agglomération. Un budget de saupoudrage sans ambition. Un budget qui donne une large priorité à la voirie et au tourisme plutôt qu’à la santé et à la solidarité. Un budget bien loin de répondre aux besoins prioritaire des habitants de notre agglomération. Un budget hors sol.

Concernant les dépenses de fonctionnement, le budget est en augmentation de 926 000 euros et de 2,5 %, mais c’est une augmentation en trompe l’œil qui ne doit pas faire oublier la baisse de 17 % et de 6 millions d’euros entre 2019 et 2021 !!! Votre budget 2022 est donc loin du compte et très loin de rattraper l’effondrement des dernières années.

Ainsi, deux budgets qui augmentent concentrent à eux deux près de la moitié de l’augmentation du budget de fonctionnement : la voirie et le développement touristique. Les dépenses pour le développement touristique explosent de près de 43 % et de 163 000 euros sans que le développement touristique de notre agglomération ne saute aux yeux… Il y a loin de la carte postale à la réalité…

Pire encore, les dépenses en matière de voirie sont multipliées par 13 et augmentent de 307 000 euros !! Il faut bien satisfaire certains soutiens locaux quitte à se lancer dans des projets parfois pharaoniques et disproportionnés…  

Il est par ailleurs choquant de constater que les dépenses de communication (155 450 euros) sont supérieures non seulement aux dépenses pour le centre de formation des apprentis et pour l’apprentissage en général mais également aux dépenses de santé, alors même que l’accès aux soins devient de pire en pire dans notre agglomération !

L’ensemble des dépenses de santé et des dépenses sociales (santé, personnes âgées, personnes en situation de handicap, autres interventions sociales) ne représente au total que 589 000 euros, soit 1,63 % seulement de la section de fonctionnement. On voit là clairement quelles sont vos priorités…

Les dépenses en matière de transports stagnent alors que les besoins sont criants. Voilà clairement un budget prioritaire qui aurait dû être considérablement augmenté.

Ce n’est guère plus rassurant en matière de collecte des déchets où les dépenses baissent de moitié ! C’est d’autant plus préoccupant que l’on voit les déchets s’amonceler un peu partout dans l’agglomération.

Pareil pour les interventions économiques transversales, dont les dépenses baissent de 27 %

Les nouvelles dépenses liées au campus connecté (107 000 euros ), sont contestables : l’enseignement par visio – conférence et par informatique n’est pas une bonne solution au moment où toutes les études montrent que cette situation, vécue par les étudiant-e-s depuis deux ans pour cause de pandémie, coupé-e-s de la relation directe avec les enseignant-e-s, loin des locaux et structures universitaires, les plonge et notamment celles et ceux des milieux populaires, dans le plus grand désarroi, entraîne des problèmes psycho-sociaux et nombre de décrochages par rapport aux études.

La section d’investissement augmente de 5 % mais avec des priorités d’investissement et un déséquilibre forts discutables. Les investissements vraiment utiles sont à un niveau trop bas, surtout en pleine crise sanitaire, économique, sociale et écologique, crise aux effets encore plus dévastateurs dans notre agglomération malgré les chiffres bidon du gouvernement.

Et encore, cette section d’investissement se construit en partie grâce aux économies réalisées sur le dos des habitants avec la TEOM (2,5 millions d’euros/an).

Par ailleurs, c’est avec un emprunt nouveau et très lourd de 9 900 000 euros que vous allez financer une bonne partie des investissements de voirie et de tourisme, avec à la clé une augmentation de la dette. Un emprunt pharaonique contracté pour pallier à des dépenses engagées sans réserves budgétaires préalables, ce qui démontre bien votre gestion à la petite semaine.  

Ainsi, l’augmentation de la section d’investissement se concentre sur les mêmes priorités que les dépenses de fonctionnement : le développement touristique (+184 000 euros et + 30%) et la voirie communale (+1 750 000 euros, + 47%), qui explosent littéralement les budgets, au-delà de toute mesure et de tout équilibre ! Un seul exemple, qui concentre la quasi totalité des dépenses en matière de développement touristique : 800 000 euros au port Saint Roch (après déjà 600 000 euros l’an dernier), et sa marina de luxe, projet qui va coûter 12 millions d’euros TTC au total et que l’on peut difficilement classer dans les dépenses utiles. Cet argent serait mieux dépensé pour soigner les gens par exemple en finançant la construction d’un centre de santé public.

Quant à l’explosion des dépenses d’investissement en matière de voirie, c’est dans la parfaite continuité des 13 projets que vous avez présenté au conseil départemental pour obtenir sa participation financière : sur les 13 projets proposés, 10 concernaient des travaux de voirie et seulement 3 des équipements publics. Sur les 4 576 271 euros d’aide départementale à l’ensemble des 13 projets, seulement 1/4 concerne les 3 projets d’équipements collectifs. Or, on peut légitimement penser que cette disproportion interroge. Certes, les travaux de voirie sont utiles, mais il faudrait un meilleur équilibre. Et certains projets de voirie sont parfois surdimensionnés et fort coûteux. Au final, ces investissements de voirie se caractérisent par un saupoudrage semi-clientéliste visant à satisfaire des élus locaux. Pour la vision d’ensemble partant des vrais besoins des gens, il faudra repasser… A chacun sa petite rue, son aménagement de bourg ou autre esplanade de mairie…

Ces choix déséquilibrés se traduisent avec la baisse de 546 000 euros et de 36 % des dépenses d’investissement en matière de mobilité et de transport. Pourtant, il faudrait investir davantage dans les transports en commun pour avoir plus de lignes, plus d’arrêts, élargir les horaires et investir bien davantage dans des bus neufs qui polluent moins. Vos dépenses de transport s’inscrivent dans le cadre global d’une DSP qui n’est pas au niveau des besoins. Au total, l’agglomération va verser 1 400 000 euros sur 6 ans au titre de sa contribution financière alors qu’elle fait le choix de financer à hauteur de 2 millions les travaux luxueux du projet de port de plaisance Saint Roch pour quelques dizaines de plaisanciers supplémentaires/an. Clairement, les transports ne sont pas votre priorité politique.  

Quant aux investissements en matière d’interventions économiques transversales, ils s’effondrent de 505 000 euros et de 81 % !

Déséquilibre encore avec des dépenses d’investissement ridiculement basses concernant le domaine de la santé, qui est pourtant un sujet capital pour les habitants de notre agglomération. Les dépenses de santé (22 504 euros) ne représentent que 0, 12% des dépenses d’investissement de notre agglomération. Pour le dire encore plus clairement, vous n’avez aucune ambition, aucun projet en matière de santé, rien pour répondre aux besoins des habitants sur ce sujet rendu encore plus crucial par la crise sanitaire. Un tiers des habitants de notre agglomération n’ont plus de médecins traitants et vous continuez à investir en quasi totalité dans le tourisme et la voirie…

Pourtant des besoins concrets mériteraient un investissement bien plus fort de l’agglomération : un centre de santé public avec des médecins salariés sur le modèle de celui de Chalette, une maison de retraite publique à tarifs modérés, une crèche publique, une halte-répit pour soutenir les aidants familiaux, de nouvelles places d’hébergement pour les personnes en situation de handicap… Voilà ce qui irait dans le sens du progrès social mais que nous peinons bien à voir dans le budget 2022.

Enfin, la note de fin de présentation rappelle que l’encours de la dette par rapport à la population se situe 70% au dessus de la moyenne nationale à 595 euros contre 352, dette qui va être durablement creusée avec votre nouvel emprunt de près de10 millions.

 Nous voterons donc contre ce budget.

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